Samedi 19 décembre 2009
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Billet d'humeur. Il y en aura d'autres. Consacrés à la protection animale. Celui-ci est-il déplacé pour autant ? Certains d'entre vous estimeront sans doute que oui. Et pourtant. La défense
de l'environnement, de l'écosystème et de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques nous concernent tous. Car il en va désormais de la survie de chaque espèce. Copenhague
a-t'il suffisamment fait prendre conscience à chacun d'entre nous des enjeux et des défis ? Ces enjeux et ces défis qui sont posés à nos générations n'ont jamais été posés depuis le début de la
Vie sur notre planète. L'Histoire de l'Humanité s'est toujours inscrite dans un réflexe de survie. Chaque peuple, chaque civilisation, lorsqu'ils étaient menacés dans leur
existence-même se sont toujours battus pour assurer leur pérennité. Et ceux qui ont moqué les Cassandre en refusant de voir, en refusant de s'adapter aux nouvelles donnes, en
refusant les combats, ont disparu. Aujourd'hui, il ne s'agit plus d'un peuple, d'une civilisation, d'une espèce, mais de tout ce qui sur notre Terre répond encore à la définition
du mot VIE.
Laissons ici les négationnistes de tout bord, ces charlatans de la connaissance qui pensent exister par la pertinence de leurs jugements mais qui ne sont autorisés à s'exprimer qu'en tant
que pions ridicules d'intérêts particuliers ou matériels, qui emportés par leur propre folie, ne sont plus en mesure depuis longtemps de se poser la question de savoir si le
déluge aura bien lieu après eux. Car qui peut encore croire que l'Apocalypse sera joyeuse ?
Préserver la planète et agir sur les changements climatiques sur lesquels nous pouvons encore avoir prise. Tel était l'enjeu du sommet de Copenhague, préparé depuis deux ans.
Certes, sur les mécanismes et les conséquences exactes des phénomènes qui menacent la survie de la planète, sur la datation des échéances, nous ne sommes sûrs de rien. Le Groupe d’experts
intergouvernemental sur l‘évolution du climat (GIEC) l'a suffisamment dit en présentant au mois de mars dernier son plan ad minima de réduction des émissions de gaz à effet de serre de
40% (par rapport à 1990), d’ici 2020, ce qui n'est pas une petite marge. Tout le monde semble oublier l'autre préconisation du GIEC sur la nécessité de réduire de 85% à 95% les émissions de gaz à
effet de serre, par rapport à 1990, d’ici 2050. Voila les objectifs fixés par les experts internationaux pour le sommet de Copenhague. Or, depuis mars 2009, ces mêmes experts ont été conduits à
ce constat dramatique : l'évolution actuelle du changement climatique s'accentue à un rythme bien supérieur aux prévisions les plus alarmistes sur lesquelles ils ont construit le rapport
discuté à Copenhague. Autant dire que plus rien n'est aujourd'hui sous contrôle. Place à Copenhague donc, sur des bases déjà caduques.
A Copenhague, il y a donc Nous. Nous, cela veut dire les Européens. Chefs d'Etat et de gouvernements nous représenteront et parleront en notre nom. Partout on lit que
Nous avons tout compris, et que Nous sommes les fers de lance de la réussite du sommet, parce que Nous défendrons les positions les plus ambitieuses. En plus,
Nous, nous sommes attachés à la démocratie. Nous, peuples européens avons des représentants que nous avons élus, au Parlement de Strasbourg, pas plus tard que ce printemps. Et
pour obtenir notre bénédiction dans le grand marchandage de Copenhague, nos magnanimes gouvernants, qui n'y étaient d'ailleurs pas tenus, tant les règles de fonctionnement de l'UE sont
démocratiques, font voter par ce parlement croupion l'ambitieuse résolution qu'ils porteront unanimement devant le sommet, avec entre autres, des réductions des gaz à effets de serre compris
entre 25 et 40% par rapport à 1990. Et au fil de la résolution, l’accent est essentiellement mis sur l’objectif de dépassement des 25% que sur le défi pourtant nécessaire d’essayer
d’atteindre les 40%. Ce qui permettra à l'UE d'anncncer finalement un objectif de 30%. Ainsi, les plus ambitieux devaient se présenter à Copenhague, bien en deça des objectifs vitaux. Les dés
sont déjà pipés.
Et pour les piper davantage, on pouvait compter sur le prix Nobel de la paix 2009, qui représente le plus gros pollueur du monde : les Etats-Unis, qui n'avaient pris aucun engagement à Kyoto,
contestant les réalités du changement climatique. Ils se décident sur une réduction de 17%. Et dire que d'aucuns ont cru devoir applaudir ces premières bonnes dispositions ! Quel media, quel
commentateur, quel politique a t'il osé dénoncer cette mascarade et rappeler que les Etats-Unis s'engageaient sur une réduction de 17% par rapport à 2005, là où le référentiel
était 1990 ? Ramenés aux chiffres de 1990 l'engagement de réduction américain est donc de 4%. Oui, vous avez bien lu, 4% quand le GIEC table sur 40%. Forte de
cette manipulation qu'elle saisit au bond, la future première puissance mondiale, le futur plus gros pollueur du monde, la dictature chinoise, peut commencer à envisager ce qu'elle se refusait à
faire. Annoncer des objectifs équivalents : on est toujours généreux, quand on s'engage sur eien.
Dès lors tout le reste sera à l'avenant. Copenhague est un échec. Un échec cinglant et dramatique et il faudrait être crétin pour avaler les commentaires que l'on peut déjà lire
sur quelques avancées significatives encourageantes en attendant le rendez-vous de Mexico de l'an prochain. Copenhague est le triomphe du chacun pour soi institutionnalisé à l'échelle planétaire.
La consécration de l' égoisme des Etats plus que jamais soumis aux intérêts à courts termes. A Copenhague, l'Humanité a accouché d'une devise commune :
Après nous le déluge...
Les ONG environnementales ont immédiatement dénoncé à l’unisson un véritable fiasco: «Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050: difficile d’imaginer pire conclusion pour la
conférence de Copenhague», déplore Greenpeace. Nnimmo Bassey, président de l’ONG Les Amis de la Terre, a dénoncé un «échec abject»: «En retardant le passage à l’action,
les pays riches ont condamné des millions de pauvres à la faim, la souffrance et la mort avec l’accélération du changement climatique»
Sans doute était-il vain de penser que les pyromanes puissent un jour se muer en pompiers de service. Mais nous citoyens du monde entier, devons-nous mettre au ban de l'Histoire les acteurs de ce
sommet ? Etions-ous prêts à accepter toutes les contraintes drastiques qu'auraient entrainé un accord basé sur les recommandations du GIEC? eut-être qu'un jour, les futures générations
mettront en accusation, à titre posthume, les gouvernants de 2009, pour crimes contre l'Humanité. Qui sait, peut être institutionnaliserons nous un jour un crime contre la planète ?
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