Rencontre avec un petit positif heureux...

Publié le par Ericc

Pour tous les protecteurs, l'été est la pire des saisons. En France, la prolifération, comme tout phénomène exponentiel, avance plus vite que les effets attendus de la promotion de la stérilisation. Tous les chatons de l'été ne trouveront pas de famille, loin s'en faut, sans parler de ceux qui cesseront vite de plaire et se retrouveront vite à la rue, comme leurs parents avant eux.
Durant cette période, les adultes voient se réduire leurs chance d'adoption. Dans ces conditions, quel sort pour un petit positif ?
Pour un chat testé FIV, la route vers la survie et le bonheur s'apparente à un entonnoir dont le goulot d'étranglement ne laisse passer qu'un nombre restreint de vies. Il y a d'abord ceux qui ne se laisseront pas approcher, ni même trappés et qui s'en iront mourrir rapidement, victime de la rue. Il y a ceux qui se retrouveront en fourrière où le verdict sera sans appel. Ceux aussi, qui ayant évité la fourrière, échoueront dans une SPA ou un refuge où la même politique d'euthanasie systématique que celle régissant les fourrières est de mise : ces refuges-là sont très largement majoritaires. Même certaines associations sont à ce diapason. J'ai encore en mémoire, les regards incrédules et effarés des représentants d'autres associations félines de mon département, lorsqu'il y a deux ans, commençant à oeuvrer dans le domaine de la protection féline, je les interpelais sur le sujet en affirmant le droit à la vie des chats positifs...
Ainsi, ils ne sont statistiquement qu'une poignée à pouvoir passer entre les gouttes, à pouvoir être pris en charge par une association acceptant de leur donner leur chance en leur cherchant une famille. Mais pour ces rescapés, le parcours du combattant n'est pas achevé. Car il ne suffit pas qu'une association accepte de les prendre en charge : il faut encore trouver une famille d'accueil, et ceux qui sur les forums sont les premiers à jeter ires et anathèmes sur les structures qui euthanasient ne sont pas toujours les plus prompts à rechercher une solution ou à ouvrir leur porte. Il y a quelques temps, c'étaient toujours les mêmes qui s'y collaient : Liliane de la Maison de l'Espoir retrouvé en sait quelque chose. Et quelques autres encore, que nous ne remercierons jamais assez d'avoir été des pionniers dans ce combat. Mais là encore, les places ont été vite prises. Si aujourd'hui, on trouve dans les SOS de plus en plus de FIV, c'est sans doute que l'idée du droit à la vie de ces chats continue à faire doucement son chemin. Mais c'est aussi parce que l'accueil d'un positif peut se révéler contraignant, notamment lorsqu'il y a d'autres chats, ou simplement parce qu'un fiv heureux, c'est quand même mieux ailleurs que chez soit. Il est toujours difficile de faire des heureux...

Lui, il s'appelle Brooklyn... et on serait presque tenté de dire que c'est sa bouille qui lui a porté bonheur...



Et celles qui l'ont sauvé ne s'y sont pas trompées : "Son regard...le regard de Brooklyn  est unique : quand vous le touchez, vous devenez le monde entier à ses yeux. Si vous n'avez jamais su ce que c'est que d'être la personne la plus importante du monde pour l'autre, il vous suffit de rencontrer Brooklyn et de le prendre dans vos bras : vous devenez alors la huitième merveille du monde à ses yeux " Et puis, "il est non seulement très sociable avec les humains, mais il est surtout extrêmement câlin. Ce qu'il aime particulièrement, c'est avoir sa tête tout contre la vûtre... Brook peut rester sur les genoux, dans les bras, la tête dans le cou, pendant de nombreuses heures" .

Certes. Mais Tétiss aussi avait un regard inoubliable, Tétiss aussi était sociable, Tétiss aussi aimait avoir sa tête contre la vôtre. Mais rien de cela ne l'a sauvé. La chance de Brooklyn aura surtout été de tomber sur l'équipe d'ORFELINS
www.orfelins.com

Brooklyn a donc franchi une étape. Comme pour beaucoup de petits positifs pris en charge, il a fallu lui trouver un accueil tout provisoire. Quarantaine oblige, et comme la plupart des personnes disposées à offrir un relais provisoire à des petits positifs ont déjà chez elles d'autres pensionnaires, Brooklyn n'a pu trouver qu'une salle de bain, séjour peu agréable pour un matou comme lui en perpétuelle quête d'affection et de présence. Et comme Brooklyn n'est pas un bagarreur, que sa présence a par la suite été mal acceptée par les matous maîtres des lieux, il s'est retrouvé dans une situation d'urgence. C'était à l'été 2007. Les appels à l'aide sur les forums sont demeurés vains, sur ses topics, personne ne se manifestait... le provisoire a duré... encore un petit positif abandonné au milieu du guet... 
Encore une fois, la seule porte à s'ouvrir fut celle de la Maison de l'Espoir, pourtant saturée. Mais si la Maison de l'Espoir est un havre de paix et de bonheur pour tant de rescapés des rues, elle ne pouvait convenir pleinement à un matou comme Brooklyn, vite mal à l'aise au milieu de ses congénères et en quête permanente de l'affection des humains. Brooklyn a bien essayé de s'accomoder à cette nouvelle vie, ses protecteurs l'y ont aidé de tout leur coeur. Mais en vain. Il a fallu trouver un nouvel accueil à Brooklyn...



A partir du moment où Brooklyn est arrivé dans sa nouvelle famille d'accueil, une étrange histoire commença. Etrange, parce que Brooklyn est de la trempe de Poulbot. Pour des raisons différentes, avec un caractère bien différent. Mais comme lui, il fait parti de ces chats que l'on ne peut expliquer, dont on ne sait pas pourquoi ils vous envoûtent, pourquoi ils sont si différents des autres. Et ce n'est ni leur fragilité, ni leur souffrance passée qui sont en cause. On ressent simplement une sorte d'indéfinissable supplément d'âme. C'est cette rencontre d'un troisième type dont j'ai déjà parlé pour Poulbot. Je crois qu'il faut tout simplement être passé par là pour comprendre, et au final, je ne suis pas sûr, que même dans ce cas, l'on soit en mesure de vraiment tout comprendre de ce qui n'est pas seulement un coup de coeur... Un chat qui irradie est un chat qui irradie. Alors, de tels chats, on finit par les surprotéger, et bien sûr on place la barre très très haut, pour des adoptants potentiels. Et comme le matou n'est pas facile à placer, et que la barre est décidément bien haute, le temps passe, passe, et le piège se referme...

La fin de l'histoire en photo...





Pour le plus grand bonheur de ceux qui l'ont connu et accompagné, qui se sont battus pour lui forger un destin durant ces longs mois que dura cette longue route vers le bonheur, Brooklyn a gagné le droit de demeurer définitivement dans sa famille d'accueil...

Puissent d'autres petits vieux, d'autres petits handicapés, d'autres petits positifs, connaître le même bonheur...

Avec l'aimable autorisation de "Nénette", l'heureuse maîtresse de Brooklyn...

Une pensée pleine d'affection pour un autre de ces petits matous à l'aura si rare, et qui s'en est allé vers d'autres cieux, il y a tout juste un an... souvenez vous...  http://hopital.chats.perpignan.over-blog.com/article-20846945.html

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Publié dans Récit d'adoptions

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M
C'est une super nouvelle. Je suis heureuse pour toi ti chou, tu vas rencontrer une fée rien que pour toi je le sais.Je vais mettre plein de petite lumiéres qui brillent dans la nuit pour que l'on puisse mieux vous voir tous avec vos bouilles delicieuses.
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E
La route est encore longue. J'ai vu ce soir que sur l'incontournable rescue, Catherine avait fait passer Baryton de la rubrique chats malades handicapés à la rubrique adoption normale. Et je trouve que c'est une très bonne chose que j'espère voir se généraliser.
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S
J'ai posté un commentaire prématurément sur le post de Gavroche ;) Je n'avais pas encore vu celui-ci (eh oui... je découvre le blog !). Je suis profondément touchée d'y voir Brooklyn. Brooklyn, c'est en juillet 2005 que je l'ai connu, trappé, fait castrer et tatouer et relâché... Je ne savais pas encore quel amour de chat était caché en lui, prise dans l'urgence de stériliser, stériliser... C'est au fil des soirs, à l'heure de la gamelle, que j'ai appris à le connaître... Pas assez de familles d'accueil, d'autres urgences plus urgentes, l'éternelle histoire... Une boiterie m'a fait le prendre chez moi avec l'idée de ne plus le relâcher (autrement dit... de le garder). Le test FIV, la quarantaine qui n'en finit pas de s'éterniser, certains de mes chats voyant d'un fort mauvais œil ce baroudeur au cœur pourtant tendre... Brooklyn de plus en plus malheureux dans la salle de bains, pourtant pas minuscule, mais qu'est-ce qu'une salle de bains pour un chat... pas une vie ! Il avait ses balades sur le balcon et mes câlins, mais c'était trop peu pour qui a un cœur immense.<br /> Liliane a sauvé le cours des choses en acceptant Brook et je lui en suis éternellement reconnaissante. Cette longue étape à Gesvres a laissé le temps à Brooklyn le temps de pouvoir revenir en accueil à l'association avec au bout, un espoir d'adoption... qui s'est concrétisé. <br /> <br /> Cette belle histoire ne doit pas faire oublier le parcours du combattant que représente chaque test positif pour les associations qui ont fait le choix (le seul choix "normal", à vrai dire) de ne pas condamner ces chats-là. Panique à bord : trouver une famille d'accueil. Lui expliquer que cet accueil risque de durer... longtemps. Il y a de quoi trembler avant chaque test alors qu'en somme, de tels chats ont tout à fait leur place dans les foyers "standard" à un ou deux chats...
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C
Surtout que dans un passé pas si lointain que ça, les tests n'étaient pas faits systématiquement et les chats mélangés entre eux.<br /> Un pensionnaire est allé avec les autres une fois. Il avait été mis à l'adoption donc testé et il s'est avéré qu'il étit FIV+ !!!
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E
Le problème du "professionnel" en question vient de son ignorance de la réalité des FIV mais s'y ajoute une sorte d'aveuglement. J'ignore si ce "professionnel" est responsable d'un refuge : si tel est le cas, il faudrait lui demander combien de dégats , de contamination causés par le FIV ( la réponse est zéro bien sûr) et combien causées par la PIF ? par les divers virus du coryza ? le typhus ?<br /> Je ne suis pas sûr que certains adoptants qui ont perdu leur animal en moins de trois mois suite aux épidémies de PIF quasi-annuelle que connaissent la plupart des refuges ou qui vont se retrouver avec un calici positif n'auraient au final pas préféré un brave FIV malgré cette épée de Damoclès qui fait qu'il développera dans un futur proche ou de plusieurs années, des affections opportunistes... Euthanasier un FIV mais "refourguer" des chatons qui vont développer la PIF, ce n'est pas très moral au final et l'aargument des "animaux malades" ne tient absolument plus.
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