Hommage à Grosse Tête

Publié le par Dany (Loubin)

Les heureux maîtres d'un petit laissé pour compte (V)


Voici aujourd'hui le cinquième de vos témoignages. De ces récits que vous adressez à Pattounes en détresse, pour raconter votre histoire, leur histoire, l'histoire de rencontres avec un de ces chats dont personne ne veut, dont personne ne se soucie, dont les topics sur le forums de protection animale sont si peu visités. Des témoignages par lesquels vous proclamez haut et fort le droit à la considération de ces laissés pour compte. Avec l'espoir, que peut-être,  cela pourra aider Gavroche, Felix, Grisette, Matou, Nala et ses compagnons sauvageons de la SPA d'Armor, qui attendent toujours leur Léonie et leur Cyrille, leur Michèle, leur Catherine ou leur Laurence....  
Contrairement aux autres témoignages, celui-ci sera un témoignage en forme d'hommage. Hommage, parce que Grosse Tête n'est plus là. Tout comme Mario, qui fut en d'autres temps le symbole des chats de l'hôpital de Perpignan, n'est plus là, à cause d'un chauffard. Tout comme Plume et Plumeau, chatons de deux mois sauvés par Caro ne sont plus là, à cause de la PIF, ou tout comme  un certain Lucius n'est plus là, à cause de ce talon d'Achille qu'est pour les chats, le fonctionnement reinal...
Grosse Tête lui aussi s'en est allé, non pas de ce FIV dont il était porteur, mais d'un arrêt cardiaque, sans lien avec le virus de l'immunodéficience féline...

Un hommage donc. Mais un hommage qui ne se veut pas triste. Un hommage qui veut plaider, pour tous les compagnons d'infortune de Grosse Tête... Merci à Dany (Loubin) de venit évoquer ici, le souvenir merveilleux, de ce cher disparu...



"Je voudrais témoigner de l’adoption de Grosse tête, matou errant, qui un beau jour est venu dans notre jardin.

Il était maigre à faire peur, d’où son nom ridicule. Nous l’avons nourri tous les jours mais il ne se laissait pas approcher. C’était un chat «sauvage» comme diraient certains.

Pas si sauvage que ça !! Car jour après jour, nous sommes arrivés à l’apprivoiser, et un beau matin, nous l’avons trouvé dormant sur le canapé du salon.

Nous l’avons emmené chez le véto pour voir s’il était pucé. Et là, après le test conseillé par le véto, le diagnostic est tombé, ce chat était FIV+.

Le vétérinaire nous a bien expliqué le mode de transmission car nous avions déjà deux chats. Les risques ne nous semblant pas insurmontables suite à ses explications, et avec ses encouragements, nous avons décidé de l’adopter, le castrer, vacciner et tatouer. Grosse tête est devenu NOTRE CHAT, NOTRE AMOUR.

Je remercie ce vétérinaire, de tout mon cœur, car à l’époque je ne connaissais rien au FIV et je dois l’avouer, si nous étions allés consulter un autre vétérinaire, pour qui la seule solution était l’euthanasie, et bien nous l’aurions cru et l’aurions fait !!!. J’en tremble aujourd’hui.

La cohabitation avec nos deux autres chats, un mâle et une femelle, ne fut pas toujours idyllique, il y a eu des bagarres, des coups de griffes (modérés) mais jamais de morsure au sang. Ils se toléraient.

 

Hélas, notre Grosse tête nous a quitté, il y a trois mois, des suites d’un arrêt cardiaque, sans signe précurseur et sans aucun rapport avec sa séroposivité.

Durant huit ans, il a vécu avec nous, nous apportant un immense bonheur. Il était exceptionnel de gentillesse, câlin, un amour. Nous le pleurons toujours. Il nous manque tellement.

Les gens ont peur et préfèrent adopter un chat non porteur du virus, ou encore mieux un chaton. Mais ces chats ont autant de risques de contracter une maladie mortelle ou de faire un arrêt cardiaque qu’un chat FIV+.

Notre Grosse tête n’a JAMAIS déclaré son FIV et je suis persuadée que l’amour que l’on porte à ces chats retarde considérablement son apparition, si apparition il y a.

Malgré qu’il fut errant/sauvage, séropositif, maigre, et qu’il n’ait pas eu une vie facile avant de nous «choisir», il aurait pu vivre encore de nombreuses années. Il avait retrouvé la forme, les kilos qui lui manquaient, il était heureux et nous aussi.

Les gens ne sont pas suffisamment informés sur ce virus, comme nous ne l’étions pas non plus il y a 8 ans, et bien entendu ils ont peur. La nature humaine est ainsi faite, l’inconnu fait peur.

Je peux leur dire qu’ils se privent d’un immense bonheur, que les risques ne sont pas aussi importants, il suffit de castrer/stériliser et éviter les bagarres au sang, rien d’insurmontable en somme.

Nous avons osé, il y a huit ans, tenter cette aventure, et JAMAIS nous ne l’avons regretté.

 

Je tiens à préciser que nos deux autres chats ne sont pas porteur du virus et qu’ils n’ont pas été contaminés par Grosse Tête.

 

Je souhaite que votre appel soit entendu, que tous ces chats en SOS trouvent une famille aimante qui n’aura pas peur de donner, mais aussi de recevoir, du bonheur à un petit positif.

Nous avons voulu lui adoucir au maximum sa fin de vie puisque nous pensions qu’il ne vivrait pas aussi longtemps qu’un chat "normal". Mais très vite, nous avons oublié son FIV et la relation privilégiée que nous avons eue avec lui découlait de son comportement.

Je pense qu’au départ nous avons accordé plus d’attention à Grosse tête par rapport à son espérance de vie "supposée" plus courte.

Il était tellement câlin, nous ne pouvions pas nous assoir sans qu’il vienne sur nos genoux, en nous implorant presque du regard afin que nous lui parlions, le caressions, l’aimions. J’ai toujours pensé qu’il nous remerciait de l’avoir sorti de sa vie d’errance. Il y avait de la gratitude dans ses yeux.

Quand mon mari bricolait à la cave ou partait chez les voisins jouer à la pétanque, Grosse tête l’accompagnait. Il restait couché à côté de lui. Il avait besoin d’être avec nous, comme s’il avait peur de nous perdre.

Nos deux autres chats ont été adoptés chatons à la SPA. Bien sûr nous les aimons, mais notre relation avec Grosse tête était différente. C’est lui qui nous avait choisi, qui nous avait fait confiance. Nous avons passé plusieurs mois à l’apprivoiser dans notre jardin, plusieurs mois que lui a utilisés afin de nous observer et quand il a décidé de s’installer dans notre salon, il n’avait plus de crainte, il nous a adoptés.

Il devait être errant depuis très longtemps vu sa maigreur et j’ai toujours regretté de ne jamais pouvoir connaître son histoire.

Aujourd’hui je suis fière de lui avoir donné un foyer, de pas avoir eu de préjugés et de l’avoir rendu heureux. Nous ne souhaitions pas adopter un autre chat mais nous avons dépassé toutes nos réticences car il nous était impossible de le laisser dans la rue.

Mon regard sur la détresse animale aussi a changé ainsi que l’intérêt que je leur porte. Avant lui, je ne suis jamais allée sur un forum de PA, je n’avais pas envie de savoir ni d’aider.

J’ai déjà eu plusieurs chats, morts de maladie, aucun ne m’a touché autant que Grosse tête.

Si je devais reprendre un chat aujourd’hui, j’adopterai un laissé pour compte, un malheureux, un chat errant, un positif au FIV, un "paria".

Grosse tête a réussi à me toucher, à exacerber ma sensibilité et faire grandir mon amour pour les animaux.

Je suis heureuse qu’il nous ait choisi. Il avait 12 ans. Il me manque. "


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Publié dans Récit d'adoptions

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A
J'ai les larmes aux yeux pour l'humanité qui émane de ce témoignage.
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C
Grosse Tête, bonne tête, bonne bête, brave bête<br /> Grand cœur de chat, grands cœurs d’humains …<br /> Merci pour ce témoignage !
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L
MERCI.<br /> <br /> Merci à toi Eric d'avoir publié cet hommage à notre Grosse Tête tant aimé.<br /> <br /> Merci à tous pour vos commentaires.<br /> <br /> Puisse notre expérience permettre à toutes les personnes "frileuses" d'avoir un autre regard sur ces chats "exclus" et oser les adopter.<br /> <br /> Dany
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S
Repose en paix, petit chat. Je suis sûre qu'il manque aussi à Mushu.
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C
Très bel hommage... nous non plus Grosse Tête nous ne t'oublierons pas.
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