En finir avec la SPA
Samedi dernier, en tirant à chaud les leçons du sauvetage des "chats de septembre", j'avais évoqué en quelques lignes la question de la protection féline, promettant d'y revenir dans les colonnes de ce blog. :
http://coeurdechat.over-blog.com/article-35977462.html
J'avais ainsi mentionné le nécessaire changement de statut et la réforme de la SPA. L'actualité vient de nous rattraper avec le nouveau rapport de la Cour des comptes sur cette institution, d'autant plus accablant que comme le dit Philippe Seguin, "Cela fait plus de huit ans que nous critiquons la gestion de la SPA et nous ne constatons pas d'amélioration".
Ma première pensée ira donc pour tous les bénévoles qui travaillent dans les refuges estampillés SPA Nationale, qui donnent beaucoup de leur temps et de leur énergie, et qui ont peut-être aujourd'hui l'impression d'être trahis ou d'avoir été de simples pions, au service de rivalités, d'intrigues, d'enjeux de pouvoir et peut-être financiers qui n'ont rien à faire avec la protection animale. Ce sont eux les premiers qui doivent demander des comptes, et ne séparons pas ici SPA nationale et refuges privés des SPA confédérées. Ce distingo n'a d'ailleurs plus de raison d'être, et n'aurait jamais dû exister. Il ne peut plus y avoir dans ce pays, deux structures parallèles. Il ne doit exister qu'une seule SPA !
La SPA et ses querelles de pouvoir. Qui ne connaît pas ? Quel président(e) d'association, quel donateur conséquent, quel bénévole n'a pas été un jour approché par les partisans instrumentalisés de tel ou tel camp, pour se voir dresser un tableau de rapports de force au sein de l'institution. J'en parle en connaissance de cause. Quelle débauche d'énergie et de moyens, dépensée pour des adhésions susceptibles de faire basculer les majorités le moment venu. Bien sûr, il y a toujours les promesses, le fabuleux magot de plus de 75 millions d'euros dont la Cour des comptes se fait l'écho, éternelle belle au bois dormant, que chaque camp se promet de réveiller, pour les animaux bien sûr, pour des refuges modernes, etc, etc... Sauf que les deux camps, nous les avons vus se succéder, de conseils d'administrations aux allures putshistes en conseils d'administration, et qu'au bout du compte, le constat est là, épinglé par le rapport de la Cour des comptes : une thésaurisation "particulièrement anormale, tant au regard de la volonté des donateurs que de la vétusté de nombreux refuges de la SPA et plus généralement des besoins de la cause animale ".
Il ne s'agit pas de montrer du doigt, car la SPA ce sont aussi des animaux sauvés, des combats gagnés. NE L'OUBLIONS PAS. Mais ce sont aussi bien des cobats perdus, comme celui de l'interdiction des petites annonces de particuliers et des placements réservés aux seuls éleveurs, refuges et associations. Alors oui, il est légitime de se poser aujourd'hui les bonnes questions. Est-il admissible, alors que les associations de protection féline de la région angevine, saturées, lançaient début juillet sur France 3 un appel de détresse, de voir la SPA d'Angers parader avec l'unique chat à l'adoption, enfermé dans une cage d'un ètre cube et affirmant que tout le monde pouvait venir, que tout était "clair" ! Oui, quelques refuges ultra-modernes apparaissent comme de vrais paradis. Mais à quel prix ! Quelle réalité se cache derrière ces refuges : où sont les "sauvageons", les petits handicapés, les petits vieux" ( en dehors des deux ou trois conservés pour la forme) ? Les deux grandes fondations nationales, et tout le maillage associatif, souvent en bout de course aujourd'hui, pour ne pas dire à l'agonie, faute de moyens financiers, ont probablement aujourd'hui à leur actif bien plus de vies sauvées que la SPA. Pourquoi Saverne, refuge privé d'une petite ville d'Alsace, at'il fait adopter l'an dernier plus d'animaux que la SPA de Mérignac, censée gérer la communauté urbaine bordelaise, cinquième communauté urbaine de France ?
Alors oui, il est temps d'en finir avec le fonctionnement actuel de la SPA, avec cette pléthore d'administrateurs plus enclins à s'intéresser aux potentiels pots de vins de tels grands du BTP, pour attribuer les marchés des refuges à rénover, qu'aux SOS qui nous réunissent ici. Oui, la SPA doit changer de statut, passer de la gestion de ces administrateurs qui ne savent même pas à quoi sert une famille d'accueil, à celle de l'Etat, et d'un unique ministère de tutelle. Encore une fois, il ne s'agit pas d'inventer : certains de nos voisins européens ont pris avec succès le problème à bras le corps, il y a plus de 20 ans de cela : sommes nous plus bêtes qu'eux ?
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