Polochon : apprendre
Pourquoi lui ? Lorsque Francinette me l'a confié en gare de Toulouse-Matabiau, j'ai été surpris par la couleur de sa robe. C'est vrai que je ne savais rien d'autre de lui que cette photo, et quelques autres envoyées par Virginie, mais également focalisées sur la tête. Je ne sais pas pourquoi, je m'étais dit qu'il s'agissait là d'un petit gabarit. Je ne sais pas non plus pourquoi, à l'occasion de ce sauvetage, je ne l'ai pas réclamé. J'en avais réclamé d'autres, mâles certes, mais décrits comme plus craintifs. Question de PA comme on dit. Et dans ma PA à moi, on ne choisit pas en fonction des goûts et des couleurs. On sauve, ceux qui doivent être sauvés : les trop craintifs, les tigrés et les noirs, les plus âgés, ceux qui ont le moins de chance, au regard des canons habituels...
Et puis des fois, le coup de coeur refoulé peut rimer avec le devoir. Polochon donc est pour moi.
Pourquoi Polochon ? Parce que déjà j'avais promis ce nom à une "amie" de la PA, dont le nom est irrémédiablement associé à un rêve que les vrais amis n'oublieront ni n'effaceront jamais, et que je n'avais pu jusque-là tenir parole.
Avec cinq chats à la maison, je commence à avoir quelques repères. Polochon, c'est du 6,5 kg faciles et cette bonne grosse tête aux joues bien affirmées et propre aux "malous" non castrés. Pas de cage de socialisation disponible. Pire ! un lit dans la pièce qu'il m'est impossible de mettre ailleurs. J'en accepte les conséquences. Dès son arrivée, Polochon adopte le lit pour domaine, et bien entendu il s'agit du dessous et non du dessus ! Régression donc par rapport à la semaine passée chez Virginie.
Il faudra donc faire avec.
Je ne sais rien de Polochon. Avec un chat qui a toujours vécu en extérieur, vous savez, avec un peu d'habitude, comment vous y prendre. Là, il faut inventer sa vie antérieure, au risque de se tromper.
Propreté A+. Pas de quoi donner des indications. Tous les chats de l'hôpital de Perpignan que j'ai eu chez moi en accueil de socialisation deux années durant étaient propres. Niveau contact en revanche, on est loin de ce que le passage chez Virginie pouvait laisser augurer.
Je sais que la nuit, balles et souris en feutrine ont voltigé. Hors de question de brusquer " Monsieur". Enfin, pas trop... Car "Monseigneur" est un gourmand, et comme tout pêché capital, il conduit à la perte de chacun. Donc, si Monsieur Polochon veut autre chose que ses croquettes, il doit désormais AFFRONTER le bipède, quitter en sa présence son repli stratégique et avancer à à peine un mètre de lui, là où est la gamelle avec les mets aux odeurs si suaves.
Et puis, au bout de dix jours, "Monsieur le Prince" s'endort confortablement installé bien que toujours sous le lit, tandis que le stupide bipède, bien moins confortablement installé sur une couverture à même le sol ( mais avec un oreiller), bouquine à haute voix près du lit, à deux mètres de lui, les oeuvres de Racine...
Finalement, un chat sauvage qui s'endort quand vous lui récitez Athalie, c'est qu'il y a de l'espoir non ?
Et puis ce soir, Polochon, s'est laissé photographié à 15 cm...
Polochon n'a pour l'instant pas de parrain ni de marraine... pensez à lui !